
Il ne restait que le devenir et la lente métamorphose de la chair. Tout perdait en souplesse, en chaleur pour une attente lourde et immobile. Et lorsque je frappais ma poitrine, le son franc d'une roche épurée résonnait dans les jointures de mon crâne. Je rêvais de tempêtes et de rage, hurler dans la bourrasque, porter mes cris des cimes jusqu'aux racines et chuter dans une pluie de pierres.
Mais rien ne subsistait que le mensonge du temps, à susurrer les poèmes d'illusions à mes oreilles minérales. La tristesse enrochait l'esprit de fougue et les éclairs de désir anomal. L'ombre des femmes n'écorchait plus le souffle rauque de ma folie. Le cœur s'engourdissait dans un automne parfait, coulait dans la terre amollie de crépuscule. Je m'essoufflais d'avoir si vite gâché cet éclat de vécu. Le roc dévorait les dernières traces d'incendie qui m'avait calciné jusqu'ici.


