jeudi 22 avril 2010
















Il sera quatre heures moins le quart,
Une de ces éreintantes journées de printemps,
Et la Mort ne me surprendra pas.

Malgré le bleu (du ciel)
Malgré le rose (des fleurs)
Malgré les cinq minutes (d'avance)
La Mort ne me prendra pas au milieu d'un souffle,
Elle ne me cueillera pas sur la branche.

Je sortirai l'attendre, là, sur cette place,
A quelques pas de chez moi,
Debout, le visage tourné vers le soleil.

Malgré le bleu (de ma vie)
Malgré le rose ( de ton cœur)
Malgré les cinq minutes (perdues de notre amour)
La Mort ne serrera pas sa main glacée dans la mienne,
Elle ne (m'en)trainera pas, implorant.

Il sera quatre heures moins le quart,
Un de ces après-midi éclaboussé de soleil,
Et la Mort ne me surprendra pas.

Malgré le bleu (de mes veines)
Malgré le rose (de tes lèvres)
Malgré les cinq minutes (attendues de ton retour)
La Mort ne couvrira mon corps d'aucun linceul,
Elle ne posera aucune pièce d'argent sur mes yeux.

Six heures sonnent déjà la fin d'un autre jour,
Je marche dans l'ombre de l'Est
Pour compter les étoiles de la dernière nuit.

Mais demain ...

Il sera quatre heures moins le quart,
Et au milieu d'enfants égarés par la folie,
Elle me rendra cette visite que je lui dois
Mais la Mort ne me surprendra pas.

Pas cette fois.

vendredi 16 avril 2010















L'éclat de la liberté.

J'étais si seul que j'avais recueilli une famille d'araignées dans ma barbe.
Elles chassaient les puces et autres moustiques de mon entourage,
Gambadaient de boucles en épis, sans jamais me tisser le moindre ennui.
Jusque tard dans la nuit, elles sifflaient des mélodies tristes et soyeuses.

J'endormais, pleurant au souvenir d'un monde à huit pattes,
Rouvrais les yeux de mon humanité sur une réalité plate.
Je réveillais mes locataires d'un léger souffle,
Sentais leurs pattes étirées des rêves impossibles.

Nous déjeunions de lumières folles et pucerons,
Marchions à travers les heures transparentes,
Goûtions au défilement généreux des étourdis.

Nous vivions les jours heureux d'une amitié
Au crépuscule des esprits délivrés.
Rien ne m'éblouissait jamais plus.

jeudi 15 avril 2010
















Des larmes dans les veines

Il fallait du sang, oui du sang,
Pour que tout prenne Vie,
Pour que tout prenne Force.

J'avais tout donné, tout versé,
Animal exsangue, empoison
J'étais ivre du vide de mes artères,
Fou essoufflé d'avoir trop hurlé.

Il fallait du Temps, oui du Temps,
Pour que revienne la vie
Pour que revienne la force.

J'étais en ruine de secondes,
En faillite de battements,
Les deux pieds dans la tombe,
Sans main d'Archange.

Je pleurais ce millénaire
si tôt enfui de ma peau,
Et ces larmes perdues
confluaient mes veines asséchées.

lundi 12 avril 2010
















Le vent ne chantait plus les amours enfuies.

Je me souvenais à l'Aurore du Temps, Lorsque des boucles brunes tressaient
A mon front l'auréole parfaite de la fougue divine,
Des tendres bourrasques, des hululements nostalgiques
Qui me berçaient, me racontant les douleurs sourdes et chéries
Des premiers amants abandonnés de désir
Foudroyés par l'absence vibrant de nouvelles solitudes.

J'attendais du Nord qu'il louât la tristesse
Un jour d'être aimé puis rendu à l'absurdité.
Je grandissais baigné par les contes sombres
Des folies désespérées, tremblant de Vie
Adorée puis délaissée.

Dément jusqu'au vivant.

mardi 6 avril 2010
















J'attendais les premières pluies du printemps
comme le lever du jour après une nuit polaire : assoiffé d'un nouveau monde.
L'eau purifierait l'air des lourds parfums floraux, charnels et nauséabonds.
Le vent jetterait à terre les couleurs éreintantes
et enfin nous piétinerons les vestiges de cette force-farce.
Debout vers l'été, le corps usé de chaleur inutile, je prendrais la patience minérale.
En attendant l'automne.