jeudi 13 janvier 2011















J'étais debout devant ce puits étrange, un horizon teinté de reflets noirs, aux échos de bronze et d'argent. Pas de vertige, pas de miroir, le seul souffle du temps, lent, lourd et patient, d'un ange noir assoupi.

Une brûlante lumière gonflait les veines des murs, brillants sillons de feu blanchis, jusqu'au fond d'un gouffre dément et généreux. Je dévorais le dernier décor, affalais les feux follets, chassais les sirènes.

Le monde avait dérobé la porte et le parfum d'abysse suintait des pierres, réveillant les images boueuses de sépultures noyés. Je flottais, sombre étendard d'un vivant (é)perdu de chaleur dans le vent du midi.