jeudi 22 avril 2010
















Il sera quatre heures moins le quart,
Une de ces éreintantes journées de printemps,
Et la Mort ne me surprendra pas.

Malgré le bleu (du ciel)
Malgré le rose (des fleurs)
Malgré les cinq minutes (d'avance)
La Mort ne me prendra pas au milieu d'un souffle,
Elle ne me cueillera pas sur la branche.

Je sortirai l'attendre, là, sur cette place,
A quelques pas de chez moi,
Debout, le visage tourné vers le soleil.

Malgré le bleu (de ma vie)
Malgré le rose ( de ton cœur)
Malgré les cinq minutes (perdues de notre amour)
La Mort ne serrera pas sa main glacée dans la mienne,
Elle ne (m'en)trainera pas, implorant.

Il sera quatre heures moins le quart,
Un de ces après-midi éclaboussé de soleil,
Et la Mort ne me surprendra pas.

Malgré le bleu (de mes veines)
Malgré le rose (de tes lèvres)
Malgré les cinq minutes (attendues de ton retour)
La Mort ne couvrira mon corps d'aucun linceul,
Elle ne posera aucune pièce d'argent sur mes yeux.

Six heures sonnent déjà la fin d'un autre jour,
Je marche dans l'ombre de l'Est
Pour compter les étoiles de la dernière nuit.

Mais demain ...

Il sera quatre heures moins le quart,
Et au milieu d'enfants égarés par la folie,
Elle me rendra cette visite que je lui dois
Mais la Mort ne me surprendra pas.

Pas cette fois.

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